Toponyme : Rivière-à-la-Pêche
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1 No d'identification : 21340 Fonds : Exploitation forestière
  Information documentaire
Quant aux terres arabes, une fois sorti de l’étendue sablonneuse qui va jusqu’à environ 12 milles au nord de Trois-Rivières, jusqu’aux Grandes Piles, qui sont à 24 milles plus loin, le sol est de bonne qualité, sans roche, et facile à cultiver. Il est généralement occupé le long du chemin, et sa bonne qualité a induit les colons à aller s’établir bien avant et dans différentes directions. Près des Grandes Piles, le sol est accidenté par les chaînes des Laurentides. Au-delà, l’étendue la moins éloignée de terre non arpentée, mais propre à la culture, commence à la rivière-à-la-Pêche, à 6 milles environ au-dessus du débarcadère du vapeur aux Grandes Piles. D’après les rapports d’arpenteurs dignes de foi, cette étendue de bonne terre va jusqu’à la rivière Mattawin. Son sol décrit une pente douce, et est généralement cultivable. Elle peut former un township et demi et comme elle fait face à des eaux navigables, elle serait d’un accès facile depuis le chemin des Piles. L’exploration a démontré que le sol était, partout, le même depuis les établissements sur la rivière Shawinigan jusqu’au nord de la rivière Mattawin. On rapporte qu’il y a plusieurs grandes étendues de bonne terre sur les deux côtés de la rivière Mattawin, et plus loin sur son tributaire la rivière du Milieu, se trouve aussi une très grande étendue des plus propre à la culture.

Sur le côté est du St-Maurice, l’arrière partie de Batiscan, immédiatement au-dessus de la partie arpentée, est rapportée comme étant formée par un bon sol, il s’y trouve une étendue de bonne terre de deux milles de large, et qui va jusqu’à la rivière Mékinac. En arrière [il] y a une rangée de hautes collines dont le sommet forme [un] plateau sur lequel se trouve généralement du bois très mêlé.

Pour faire progresser la colonisation du territoire du St-Maurice, il serait à propos de faire arpenter l’étendue entre les rivières à-la-Pêche et Mattawin, et d’y ouvrir un chemin depuis les établissements sur la rivière Shawinigan jusqu’à la rivière Mattawin, lequel pourrait être prolongé à quelque distance au-delà, mais on pourrait ouvrir une communication avec la rivière Mattawin plus facilement, plus à l’ouest.

Après exploration, sur le côté est du St-Maurice, un chemin devrait être ouvert dans une direction nord depuis le village de la rivière du [Envies] jusqu’à la rivière des Bostonnais, distance d’environ 60 milles, qui pourrait être continué plus tard jusqu’à la vallée de la rivière Croche, pour communiquer avec les établissements du haut Saguenay au Lac St-Jean. Des townships pourraient y être tracés, et de chaque côté les terres propres à la culture pourraient être subdivisées et ouvertes à la colonisation.

Sans compter la grande étendue qu’il ouvrirait à la colonisation, ce chemin offrirait d’autres grands avantages. Il serait utile aux fabricants de bois, et l’industrie qui exploiterait ces derniers dans son voisinage créerait non seulement un marché avantageux pour les colons mais leur donnerait aussi de l’emploi pour eux et leurs chevaux, pendant l’hiver. Ce sont des avantages particulièrement inhérents au commerce du bois, et qui contribuent beaucoup au progrès de la colonisation sur l’Outaouais.

Je n’ai fait qu’indiquer ce qu’il serait immédiatement à propos de faire: une autre exploration ferait mieux connaître ce qui manque à ce territoire pour y faire progresser la colonisation. Il ne faut pas oublier que les personnes, même les plus en mesure de pouvoir en juger, ignorent la quantité de bonne terre que renferment les nouveaux territoires.

Cela pourra paraître un paradoxe, mais l’expérience a démontré depuis longtemps qu’une contrée dont seulement le quart est propre à la culture, est la plus avantageuse à la colonisation, pourvu que les trois autres quarts se composent de forêts par leur choix, et si son sol était partout de bonne qualité et couvert de bois dur. Si le sol est bon partout, le colon est obligé de porter ses produits sur un marché éloigné, ce qui lui fait perdre un temps considérable, tandis que, s’il en est autrement quant au sol, l’exploitation des bois lui crée un marché, et plus le bois est abondant pour cette exploitation, le mieux c’est pour les colons, pourvu qu’ils puissent trouver de bonnes terres à cultiver. Le territoire du St-Maurice offre ces deux avantages. [...] Si le commerce de bois y est développé, il ne fera pas que favoriser la colonisation: il enrichira les colons pendant un temps indéfini, et cela tout en créant une classe d’hommes d’affaires dont un bon nombre acquerra plus ou moins de richesses qui resteront dans le pays.

Rien d’exagéré dans ce qui précède, ce n’est que la simple relation des résultats obtenus sur l’Outaouais et constatés par l’expérience.

Référence
«Rapport du comité spécial», Journaux de l’Assemblée législative du Canada, 21 (1863): 18.
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